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22 juillet 2014

"Le pessimisme est d'humeur ; l'optimisme est de volonté." disait Alain

Plus que jamais, les chefs d’entreprises naviguent à vuePlus que jamais, les chefs d’entreprises naviguent à vue

 

 

Dans un environnement toujours plus mouvant, dans une économie où le digital entraine de profonde mutation, dans un monde en quête de valeur, les chefs d’entreprises plus que jamais naviguent à vue. En effet, comment prédire l'évolution de l’activité.

 

Anticiper l'activité économique est compliqué. Les grands argentiers en savent quelque chose, qui se trompent régulièrement dans les prévisions de croissance. Dans ce domaine, comme le révèle la récente enquête de BPI France, les chefs d'entreprise sont tout aussi désemparés quand il s'agit leur propre activité.

 

Concrètement, deux fois par an, BPI France interroge les chefs d'entreprises et leur demande si leur chiffre d'affaires va augmenter, stagner ou diminuer pour l'année en cours et pour l'année suivante. Il s'agit juste d'indiquer la tendance: +, – ou =. Ils sont donc interrogés quatre fois: en mai de N-1 (en mai 2013 pour les prévisions 2014, par exemple), en novembre de N-1, puis en mai et en novembre de l'année en cours.

 

En mai de N-1, seuls 34% effectuent des prévisions correctes. Ce pourcentage passe à 39% en novembre de N-1, à 53% en mai de l'année concernée et à 69% en novembre de l'année concernée. A deux mois de la fin de leur exercice, ils sont donc encore 31% à se tromper sur le signe d'évolution de leur propre chiffre d'affaires !

 

Mais quitte à se tromper, mieux vaut qu'ils pêchent par excès d'optimisme !

Il est intéressant de noter que les entreprises innovantes, celles très actives à l'international, les jeunes PME et les grandes PME se trompent plus rarement que les autres. «Non que l'exercice de prévision leur soit plus aisé –au contraire, leur activité est plus complexe–, mais elles baignent dans un monde où elles sont confrontées à de multiples signaux», explique Marie Meynadier, PDG d'Eos Imaging, l'une de ces PME. Ce qui les habitue visiblement à mieux anticiper.

 

Les chefs d'entreprises ont tendance à penser que l'avenir ressemblera au présent: plus de la moitié d'entre eux mise sur une stabilité de l'activité à un an, alors que celle-ci ne se vérifie que dans 10% des cas.

 

 

Les anticipations sont, en partie, auto-réalisatrices.

 

Sans forcément aller jusqu’au champ de distorsion de la réalité de Steve Job, l’anticipation d’un avenir meilleur semble contribuer à ce qu’il le devienne. La conviction d’un chef d’entreprise aurait un pouvoir d’entrainement qui ferait évoluer les faits dans la direction qu’il a anticipé.

Un chef d'entreprise qui prévoit une croissance de son activité embauche et investit. Lorsqu'il se rend compte de son erreur, il réduit la voilure, un peu. Mais le solde reste positif.

Un chef d'entreprise qui prévoit une baisse de son activité, au contraire, n'investit pas et n'embauche pas. Logiquement. Mais lorsqu'il se rend compte que son activité progresse, il ne corrige pas à la hausse ses décisions d'investissement.

Le pessimisme, autrement dit, est une source d'opportunités gâchées. Alors que l'optimiste soutient l'activité... des autres!

Sachant que 14% des 31% de chefs d'entreprises qui se trompent sont optimistes et 17% pessimistes, la balance penche –malheureusement– du mauvais côté.

Laissons le mot de conclusion à Winston Churchill qui dit « Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit l'opportunité dans chaque difficulté. »


Inspiré de l’article de Catherine Bernard paru le 15 juillet 2014 sur le site www.slate.fr